Éolien offshore et solaire : la France accélère sa transition énergétique avec 33 GW de solaire et le parc de Dieppe-Le Tréport en service

La France accélère. Au 31 mars 2026, la puissance du parc solaire photovoltaïque français atteint 33 gigawatts (GW), et le parc éolien total 26,4 GW — dont 2,3 GW d’éolien en mer, un chiffre appelé à progresser rapidement avec la mise en service attendue du parc offshore de Dieppe-Le Tréport en Normandie. Dans le même temps, l’État augmente ses subventions aux énergies renouvelables de 24% en 2026, portant le soutien total à environ 7,7 milliards d’euros. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 2026-2035 fixe des objectifs ambitieux qui vont profondément transformer le paysage énergétique de plusieurs régions françaises dans les prochaines années.

33 GW de solaire : un parc en forte croissance

La progression du solaire photovoltaïque en France est impressionnante. De quelques centaines de mégawatts au début des années 2010, le parc est passé à 33 GW au printemps 2026, avec l’objectif d’atteindre 52 GW d’ici 2028 selon la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. Un bond considérable qui nécessite l’installation de plusieurs gigawatts supplémentaires chaque année.

Cette croissance s’appuie sur plusieurs types d’installations. Les grandes centrales solaires au sol, développées sur des friches industrielles, des carrières abandonnées ou des zones agricoles à faible valeur agronomique, représentent la part la plus importante de la puissance installée. Les installations sur toitures — bâtiments commerciaux, entrepôts logistiques, bâtiments publics — constituent un autre gisement important. Et depuis quelques années, l’agrivoltaïsme — la cohabitation de panneaux solaires et d’activités agricoles sous les mêmes installations — ouvre de nouvelles perspectives, notamment pour les éleveurs et les viticulteurs.

Dieppe-Le Tréport : premier grand parc offshore en Normandie

L’éolien en mer représente une priorité stratégique de la politique énergétique française. Longtemps en retard sur ses voisins britanniques, danois et néerlandais en matière d’éolien offshore, la France a connu ses premières mises en service commerciales avec Saint-Nazaire (2022) et Fécamp (2023). Le parc de Dieppe-Le Tréport, en Normandie, devrait prochainement compléter ce déploiement initial.

Situé à une quinzaine de kilomètres au large des côtes normandes, entre les ports de Dieppe et du Tréport, ce parc de 62 éoliennes marines d’une puissance totale de 496 MW représente un investissement de plusieurs milliards d’euros. Sa production permettra d’alimenter en électricité renouvelable environ 850 000 personnes — soit l’équivalent d’une bonne partie de la population de la Seine-Maritime et de la Somme.

Pour les ports de Dieppe et du Tréport, la construction et l’exploitation de ce parc représentent un enjeu économique majeur. Les bases de maintenance offshore, qui nécessitent des équipes de techniciens spécialisés travaillant par rotation de plusieurs jours à bord de bateaux de service, créent des emplois qualifiés et durables dans des territoires qui ont souffert du déclin de la pêche et des industries traditionnelles.

Les objectifs de la PPE3 : vers 15 GW offshore en 2035

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 2026-2035 (PPE3) fixe des trajectoires ambitieuses pour les énergies renouvelables françaises. Pour l’éolien en mer, l’objectif est d’atteindre 15 GW installés en 2035 — soit sept fois plus que la capacité actuelle de 2 GW. Pour y parvenir, il faudra mettre en service plusieurs parcs offshore de grande taille chaque année, une cadence qui nécessite un développement simultané de nombreux projets actuellement en cours de développement ou d’instruction.

Pour l’éolien terrestre, la PPE3 vise 35 à 40 GW en 2035, contre 24,1 GW aujourd’hui. Pour le solaire, l’objectif est de 55 à 80 GW — soit le double ou le triple de la capacité actuelle. Ces objectifs ambitieux supposent une accélération significative des autorisations et des raccordements, dans un contexte où les procédures administratives et les recours juridiques ralentissent encore trop souvent le déploiement des projets.

L’impact territorial des énergies renouvelables

Le déploiement des énergies renouvelables transforme en profondeur les économies de nombreux territoires français, parfois ruraux et enclavés. L’installation d’un parc éolien terrestre, d’une centrale solaire ou d’un méthaniseur agricole génère des revenus pour les communes d’implantation (via la taxe professionnelle et les redevances d’occupation), pour les propriétaires fonciers qui louent leurs terres, et pour les entreprises locales engagées dans la construction et la maintenance.

Les communes qui accueillent des parcs éoliens bénéficient généralement d’une fiscalité locale améliorée qui peut financer des équipements publics, des services à la population ou des investissements dans les écoles et les routes. Pour certaines petites communes rurales dont les finances sont contraintes, ces revenus complémentaires font une réelle différence.

Les métiers en tension de la transition énergétique

L’accélération de la transition énergétique crée une demande de main-d’œuvre qualifiée que le marché du travail peine à satisfaire dans plusieurs domaines. Les installateurs de panneaux solaires, les techniciens de maintenance éolienne, les électriciens spécialisés dans les réseaux basse et haute tension, les bureau d’études spécialisés en énergies renouvelables : tous ces profils sont en forte tension.

Les organismes de formation professionnelle — centres de formation des apprentis (CFA), organismes de formation continue, lycées professionnels — multiplient les cursus dédiés à ces nouveaux métiers. Des BTS maintenance de systèmes énergétiques, des licences professionnelles en génie électrique et énergétique, des certificats de qualification professionnelle (CQP) spécifiques aux énergies renouvelables : la palette de formations disponibles s’élargit chaque année pour répondre aux besoins du secteur.

Pour les professionnels du bâtiment souhaitant se reconvertir ou élargir leur activité vers les énergies renouvelables — installation de pompes à chaleur, de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, de systèmes de stockage d’énergie — des formations courtes et des certifications spécifiques permettent d’acquérir les compétences nécessaires et de prétendre aux marchés publics et aux aides aux particuliers.

Pour trouver un installateur de panneaux solaires, un spécialiste des pompes à chaleur ou un électricien qualifié pour vos projets d’énergie renouvelable près de chez vous, consultez AnnuaireLocal.fr — l’annuaire des artisans et entreprises certifiés RGE dans toute la France.

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